BIENVENUE À L'ONU | VOUS ÊTES CHEZ VOUS
| English | Français

Système
des Nations unies
au Sénégal

Urbanisation, habitat et migrations en Afrique de l’Ouest : des questions transversales

Les problèmes liés à l’habitat et aux zones urbaines et la problématique des migrations en Afrique, en particulier dans le Sahel, ont été au cœur de riches discussions entre des Représentants d’Agences régionales et de Bureaux Pays des Nations au Sénégal, et leurs hôtes, respectivement Directrice exécutive d’ONU-Habitat et Directeur général de l’OIM.

Ce mercredi 26 février, Dr Lucile Marie P. Imboua-Niava, Représentante de l’OMS, a reçu en sa qualité de Coordonnateur Résident a.i, en présence d’une forte délégation du Système des Nations Unies au Sénégal, Mme Maimunah Mohd Sharif, Directrice exécutive d’ONU-Habitat et M. António Manuel de Carvalho Ferreira Vitorino, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les deux hôtes ont souligné l’importance de cette rencontre, qui leur donne l’occasion d’échanger avec les représentants des différentes Agences de l’ONU au Sénégal, pour mieux comprendre les besoins et défis du pays et de la sous-région, sur les questions d’habitat, d’urbanisation et de migrations, et la manière de travailler conjointement pour apporter le meilleur appui sur ces questions.

Il est apparu dès le début des échanges, que toutes ces questions, comme du reste toutes celles portées par les objectifs de développement durable, sont inextricablement liées et ne doivent pas être traitées séparément. Aussi, les différentes Agences de l’ONU au Sénégal, dans leurs mandats et avantages comparatifs, sont-elles invitées à travailler ensemble, aux côtés d’ONU-Habitat et de l’OIM, pour apporter les meilleures réponses aux défis de l’habitation, de l’urbanisation et des migrations au Sénégal et dans la sous-région.

Avec 381 millions d’habitants dont 47.7% vivent en zone urbaine selon UNDESA et une projection en 2050 de 58.9%, l’Afrique de l’Ouest fait face à de nombreux problèmes d’urbanisation. Au nombre de ces problèmes figurent l’expansion urbaine incontrôlée, à travers la prolifération des bidonvilles, causée par l’exode rural, le manque d’accès à un logement adéquat et aux services et infrastructures de base, la mauvaise gestion de l’assainissement et des déchets, la mauvaise gestion des terres, la faiblesse des finances municipales, le manque de ressources humaines qualifiées dans l’administration locale et des cadres politiques et juridiques inadaptés.

A ces problèmes d’abord démographiques, sont venus se greffer d’autres liés à la crise au Sahel, qui a débuté en 2015. La présence de bandes armées et de terroristes et la récurrence des attaques sur les populations, touche 12 millions de personnes, causant des déplacements massifs de populations et la croissance accélérée de villes intermédiaires d’accueil et de petites villes.

Aux questions sécuritaires, s’ajoutent celle des changements climatiques qui frappent sévèrement la région, entrainant également des déplacements de populations vers les villes. Aussi, pour UN-Habitat qui jusqu’en 2013 était présent dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et qui ne l’est plus que dans 4 pays (Burkina Faso, Cap Vert, Ghana et Guinée Bissau), il s’est avéré urgent de renforcer sa présence dans la région, compte tenu des difficultés que traverse celle-ci. L’adoption d’une Position Africaine Commune à la troisième conférence des Nations Unies sur l’Habitat et le développement urbain durable (Habitat III), par les Chefs d’Etats et de Gouvernements en 2016, marque l’engagement des pays africains à déployer le Nouvel Agenda Urbain, montrant leur volonté de placer les questions liées à l’urbanisation dans les priorités des plans et stratégies de développement des différents pays.

À l’échelle mondiale, le plan stratégique 2020-2023 d’ONU-Habitat comprend quatre domaines de changement :
• La réduction des inégalités spatiales et de la pauvreté dans les communautés du continuum urbain-rural.
• L’amélioration de la prospérité partagée des villes et des régions.
• Le renforcement de l’action en faveur du climat et l’amélioration de l’environnement.
• Une prévention et une réponse efficaces aux crises urbaines.

En outre, cinq programmes phares d’ONU-Habitat ont été récemment lancés lors du FUM 10, à savoir la régénération urbaine ; les villes intelligentes, l’action climatique pour les pauvres, migration et villes inclusives, et les villes ODD.

Bien entendu, il existe des spécificités pour chaque pays et c’est tout le sens de la rencontre que Mme Maimunah Mohd Sharif a tenu à avoir avec l’équipe des Nations Unies au Sénégal, pour mieux cerner les besoins et définir les contours de l’appui qu’ONU-Habitat, accompagné des autres agences de l’ONU, pourrait apporter au pays. Taux d’urbanisation et densité élevés, problèmes d’assainissement, d’eau et de gestion des déchets dans les villes, autant de défis que Mme Sharif pense surmontables avec l’appui d’ONU-Habitat et de toutes les parties prenantes, à travers un meilleur appui à la politique urbaine nationale, aux plans locaux de gestion des déchets solides, à la politique de logement et de régénération urbaine.

M. António Manuel de Carvalho Ferreira Vitorino, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) lui a emboité le pas sur la nécessité de travailler de manière conjointe avec les différentes Agences des Nations Unies, pour relever les défis qui touchent le Sahel et le Sénégal. Sa visite au Sénégal survient en marge de la rencontre du G5 Sahel à Nouakchott et il était également important pour lui d’échanger avec les représentants des bureaux des Nations Unies basés à Dakar.

Le Sahel est une région très importante, a-t-il rappelé, avec un risque important de troubles démographiques. Il a insisté sur la nécessité d’anticiper les conflits potentiels, notamment ceux liés à la transhumance et aux déplacements de population et de mobiliser l’ensemble des pays de la région pour adopter un plan global inspiré des ODD.
Alors que la question des migrations est généralement vue sous un angle problématique, M. De Carvalho Ferreira Vitorino a également insisté sur le fait que, la migration offre d’immenses possibilités et avantages - pour les migrants eux-mêmes, les communautés d’accueil et les communautés d’origine. C’est tout le sens du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, résolution des Nations Unies 73/195 de décembre 2018, qui représente une occasion historique d’améliorer la coopération internationale en matière de migration et de renforcer la manière dont contribuent les migrants et la migration au développement durable.

Les agences présentes ont rappelé toute une série de thématiques qui font partie de leurs mandats et qui touchent à la question des migrations. Par exemple le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) a exprimé quelques inquiétudes sur la politique relative aux rapatriés dans certains pays. La question des changements climatiques a été également abordée, notamment ses implications dans les migrations. D’autres questions aont été abordées, notamment celles de la jeunesse et de prévention de celle-ci contre la radicalisation et l’extrémisme, la sécurité, l’emploi, les services sociaux de base, l’urbanisation anarchique, la santé, etc.

Il est ressorti de cette riche rencontre une réelle volonté des deux hôtes du jour, de renforcer la coopération avec les différentes Agences présentes au Sénégal et dans la sous-région, mais surtout à travers des propositions conjointes, pour mieux appuyer le Sénégal et les autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Par Papa Cheikh Sakho Jimbira

Facebook ONU

Chaîne video ONU
INSTAGRAM
FLICKR