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Une feuille de route pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels dans le Sahel

Carte du trafic illicite des biens culturels dans le Sahel © UNESCO Les acteurs clés de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels (TIBC) se sont retrouvés à Dakar du 18 au 20 juillet afin de définir ensemble un programme de coopération sous régional et de mobiliser des fonds auprès des partenaires financiers et techniques pour le mettre en œuvre.

« Nous sommes venus ici pour partager notre expérience et tirer leçon de ce que les autres pays ont développé comme stratégie afin de ficeler ensemble une feuille de route pour joindre nos efforts en matière de lutte contre le TIBC. […] Les pays du Sahel ont beaucoup de choses en commun, nous avons les mêmes défis à relever en matière de protection du patrimoine culturel, en matière de renforcement de capacités de nos agents, etc. » a souligné M. Vincent Sedogo, Directeur général du patrimoine culturel du Burkina Faso.

Des directeurs du patrimoine, directeurs de musées nationaux, les services de police et des douanes du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal, ainsi que des représentants d’INTERPOL, de l’Office des Nations Unis contre la drogue et le crime, et du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel ont pris part aux trois jours de travaux organisés par l’UNESCO à Dakar. Une rencontre abordant cette même thématique en Afrique de l’est a été organisée au même moment à Port-Louis, Maurice

Les résultats
Dans un premier temps, les participants ont mis à jour la cartographie retraçant les espaces et acteurs du trafic, les routes et connexions et les objets trafiqués/menacés dans la région. Ils ont ainsi fait ressortir les dernières évolutions concernant la recrudescence du TIBC au Mali et Burkina Faso, les connexions entre ce trafic et le financement des groupes terroristeset le déplacement vers le Sahel des acteurs du trafic cantonné jusqu’à présent en Syrie et dans les pays avoisinants. 

Comme l’a expliqué M. Fallo Baba Keita, expert UNESCO sur les questions liées au patrimoine culturel, « Le trafic d’armes et de drogues n’est pas un phénomène étranger au trafic illicite des biens culturels. Il existe des interconnexions entre ces différents trafics car ce sont les mêmes voies qui sont empruntées par les trafiquants… C’est le cas des manuscrits anciens. Avec la crise du Mali et l’occupation des régions du Nord, le Centre Ahmed Baba de Tombouctou a été pillé et les manuscrits sont entrés dans le circuit du trafic illicite. Ils sont aujourd’hui vendus dans les marchés des pays limitrophes et se retrouvent également dans les marchés des pays du Golf. Au Sahel, les objets archéologiques et ethnographiques sont également très prisés : statuettes en bois, masques et autres objets de culte ». RFI Invité Afrique - F. Baba Keita : « Les manuscrits anciens, objet du nouveau trafic illicite »

 A la lumière de ces informations et de l’analyse des problèmes rencontrés, le groupe a défini, par la suite, les grands axes d’intervention et les les activités et budget prévisionnel d’un futur projet sous régional à mettre en œuvre, au cours des cinq prochaines années. C’est dans cette logique que les résultats de ces travaux ont été présentés à de potentiels partenaires techniques et financiers, notamment l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Union Européenne, qui ont exprimé leur intérêt pour la démarche et l’approche choisies.

Le groupe a retenu quatre grands axes d’action, à savoir :
1. Le renforcement de la gestion des connaissances sur le patrimoine culturel mobilier – recensement des objets a risque élevé et partage à un niveau sous régional. 
2. La mise à jour et l’harmonisation des cadres législatifs – protection accrue des objets susceptibles de faire l’objet d’un trafic illégal
3. Le renforcement de capacité des acteurs clés - 
4. La sensibilisation et la communication.
Le groupe a également adopté des recommandations fortes, afin notamment de ratifier les Conventions Internationales, qui servent de cadre pour lutter contre le trafic illicite de biens culturelles (ex : UNIDROIT 95), et afin d’établir les relais nécessaires auprès des groupements régionaux qui travaillent pour la culture (UEMOA). 

Pour plus d’informationsle site de l’UNESCO Dakar

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