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Message du Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2017.

Aujourd’hui, 8 mars 2017, nous nous joignons au reste du monde pour célébrer la Journée internationale des femmes. Cette année, chaque individu est invité à œuvrer audacieusement pour le changement afin de contribuer à l’amélioration de la situation des femmes.

Le mois de novembre 2015 est à marquer d’une pierre blanche pour les femmes du monde entier. En effet, c’est au cours de ce mois que les objectifs de développement durable ont été lancés, ainsi que la Stratégie mondiale de l’OMS pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent. En novembre 2015, nous étions invités d’une part à faire cesser, partout, toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes et des filles et, d’autre part, à veiller non seulement à la survie de ces populations, mais aussi à leur épanouissement et à la transformation du monde.

À quoi pourrait ressembler un monde transformé pour les femmes et les filles ?

Il s’agirait d’un monde dans lequel les femmes deviennent des agents de leur propre épanouissement, capables d’analyser leur environnement, de prendre leurs propres décisions et de mener leurs propres actions. Il s’agirait également d’un monde dans lequel les femmes, agissant individuellement et avec d’autres, combattent les traditions néfastes, tout comme les conventions, lois, normes et formes de pouvoir qui façonnent négativement leurs vies et se perpétuent. Il s’agirait par ailleurs d’un monde dans lequel les femmes ne sont pas victimes de discriminations fondées sur des lois et politiques, ni de stéréotypes sexistes, et encore moins de normes et autres pratiques sociales défavorables.

Dans la Région africaine, il s’agirait d’un nouveau monde audacieux.

Actuellement, les femmes et les filles de la Région supportent une lourde charge de mauvaise santé. Les jeunes filles qui tombent enceintes sont probablement pauvres, ont été données en mariage précocement, sont illettrées ou très peu instruites. Les adolescentes font face de toute évidence à des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, ce qui se traduit par des grossesses non désirées et des avortements non médicalisés.

On enregistre près de 20 millions d’avortements non médicalisés dans le monde chaque année, y compris les 6,2 millions d’avortements à risque pratiqués dans la Région africaine. Les avortements non médicalisés sont certes évitables, mais ils continuent pourtant de poser des risques inutiles pour la santé des femmes et peuvent mettre en danger leurs vies.

En 2015, près de la moitié des adolescents infectés par le VIH dans le monde vivaient dans six pays, dont cinq de la Région africaine. En Afrique australe, les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont touchées de façon disproportionnée par la pandémie du sida, et représentent environ 30 % des nouvelles infections par le VIH.

Neuf des dix pays affichant les taux les plus élevés de mariage des enfants sont des États Membres de la Région africaine. Il en résulte que les adolescentes mariées sont responsables d’environ 70 % à 80 % des accouchements enregistrés chez les adolescentes.

Des études ont montré que le mariage des enfants et la violence exercée par un partenaire intime accroissent l’exposition des femmes et des filles au risque de contracter le VIH. En effet, les femmes et les filles subissent probablement plus de relations sexuelles forcées ou à risque et semblent moins capables de négocier l’utilisation d’une méthode de protection, ce qui augmente le risque pour elles de contracter le VIH ou les autres maladies sexuellement transmissibles.

Près de la moitié des décès de mères surviennent chez les adolescentes, les filles de moins de 15 ans étant cinq fois plus exposées au risque de mort des suites d’un accouchement. Environ 60 % des décès maternels sont enregistrés en situation d’urgence humanitaire, dans des camps de réfugiés.

Dans de telles situations, les femmes et les filles courent aussi un risque élevé de subir des violences sexuelles et sexistes, de contracter le VIH ou d’être victimes de viols, de mariages précoces ou de trafic. Il ressort des éléments factuels disponibles que plus de 75 % des personnes affectées par les crises humanitaires sont des femmes et des enfants, qui ont jusqu’à 14 fois plus de chances de décéder dans une situation d’urgence que les hommes.

Les femmes et les filles sont marginalisées à plusieurs niveaux, surtout quand elles sont pauvres, jeunes et qu’elles vivent en zone rurale. Selon les prévisions du Forum économique mondial, il faudra encore attendre 169 autres années pour que les inégalités en matière de genre soient résorbées. L’obstacle semble infranchissable. Cette situation doit changer.

La présence d’un personnel médical qualifié lors des accouchements constitue l’une des stratégies les plus importantes pour réduire le nombre de décès maternels et néonatals. L’investissement dans l’éducation de la jeune fille a fait reculer la mortalité maternelle et infantile, autant que l’incidence du VIH et du sida, tout en contribuant à l’amélioration de la nutrition du jeune enfant. Les filles ayant un niveau d’instruction secondaire ont jusqu’à six fois plus de chances de ne pas se marier précocement que celles qui ont peu ou pas d’instruction.

Dans la Région africaine, l’autonomisation des femmes et leur accès équitable aux soins de santé, en zone rurale comme dans les centres urbains, permettront d’améliorer la santé des femmes, des filles et de leurs familles.

Les objectifs du Millénaire pour le développement ont montré ce qui pouvait être réalisé avec des cibles ambitieuses. Les taux de mortalité maternelle ont baissé de 45 % à l’échelle mondiale, plus de femmes sont représentées dans les parlements et plus de filles vont à l’école. Les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 et la Stratégie mondiale de l’OMS pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent s’inscrivent en continuité de cette dynamique.

J’ai la vision d’une Afrique transformée qui soutient et autonomise les femmes et les filles pour le plus grand bien de la société tout entière. Je lance cet appel aux hommes et aux femmes, aux communautés et aux pouvoirs publics : œuvrons audacieusement pour le changement et mettons fin aux discriminations à l’encontre des femmes. Telle est la voie à suivre pour une Région plus équitable, plus prospère et en meilleure santé.

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