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Le Vice Premier Ministre belge visite les Nations Unies au Sénégal

L'Afrique de l'Ouest est une région affectée par un grand nombre de fléaux dont les femmes sont souvent les premières victimes. Cette population est plus vulnérable, notamment dans le cas de la traite des personnes, débouchant souvent sur des formes d'exploitation sexuelle forcée. Elles sont bercées de fausses promesses d'emploi par des trafiquants qui les déplacent loin de chez elles et les forcent à se prostituer pour rembourser leurs dettes. Par conséquent, l'importance de la santé sexuelle et reproductive est primordiale surtout lorsque les autorités tendent à percevoir les personnes concernées comme auteurs de prostitution et non comme victimes d'exploitation forcée.

Dans ce cadre, le Vice Premier Ministre Belge Mr Alexander De Croo, également Ministre à la Coopération et au Développement du Royaume de Belgique a effectué une visite au Sénégal entre le 26 et le 27 avril. Sa venue s’inscrit dans le cadre du suivi de la conférence internationale « She Decides » qui a eu lieu en janvier 2017. Cette conférence, en réaction à la récente diminution des ressources allouées par certains partenaires internationaux à l’aide au développement et à la santé sexuelle et reproductive en particulier, avait pour but de mobiliser des ressources pour les organisations qui souffrent de cette réduction budgétaire. Suite à un passage par le Bénin, le Ministre, accompagné de l’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF en Belgique, la chanteuse Axelle Red, de Goedele Liekens, ambassadrice pour l’UNFPA et de divers représentants des médias de Belgique, a conduit sa délégation à Dakar pour rencontrer les agences UNICEF, UNFPA et ONUDC.

Après un briefing au Centre d’Information des Nations Unies (CINU) sur les défis et les principales interventions des trois agences en matière de santé sexuelle et reproductive et de protection des femmes et enfants contre les abus, les violences et la traite des personnes, la délégation s’est rendue auprès des partenaires de mise en œuvre.

L’ONUDC ainsi que l’UNFPA et UNICEF ont des partenaires de mise en œuvre en commun au Sénégal qui travaillent dans le but d’apporter une assistance directe aux personnes les plus vulnérables. L’ONUDC soutient plusieurs associations qui œuvrent auprès des femmes victimes de violences basées sur le genre et de traite. En effet, dans le cadre de la Stratégie régionale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (2015-2020), l’ONUDC a établi comme priorité l’assistance directe des victimes de traite des personnes et des migrants vulnérables. La délégation belge a choisi de se rendre dans les lieux où ces personnes sont directement assistées afin d’aller à leur rencontre et de mesurer l’impact des activités soutenues par les agences des Nations Unies.

Le 26 avril 2017, le Ministre s’est d’abord rendu à « la Maison Rose », où des dizaines de jeunes femmes sont logées avec leurs enfants afin de leur venir en aide suite à des violences ou des viols. « Univers’elles » est une association subventionnée par UNICEF et l’ONUDC afin de mettre en œuvre l’assistance de ces jeunes femmes et aussi de leurs enfants. Elle a été créée il y a 8 ans et représente aujourd’hui « une famille reconstituée » pour les femmes victimes de viol, selon les mots de Mona Chasseiro, fondatrice de la Maison. Finalement, une présentation du schéma organisationnel du Comité Départemental de Protection de l’Enfant (CDPE) a permis de montrer le travail de l’association en coopération avec les acteurs locaux de Guediawaye et Pikine et de rencontrer les hommes et femmes impliqués dans l’accompagnement des victimes.

Le Samu Social est un autre partenaire de mise en œuvre de l’ONUDC que le Ministre a choisi de visiter. Le Samu Social est un acteur mondial qui combat l’exclusion sous toutes ces formes. Au Sénégal, cette organisation vient en aide aux enfants des rues, victimes de maltraitance et d’exploitation par la mendicité forcée. En effet, des dizaines de milliers de jeunes garçons communément appelés Talibés sont forcés à mendier à travers le Sénégal, comme faisant partie de leurs études islamiques au sein des écoles (appelées daaras) administrées par des maîtres coraniques. Tout le travail du Samu Social vise à sortir ces enfants de la rue afin d’envisager un retour auprès des familles et des communautés.

Dès leur arrivée au centre d’hébergement de Ouakam, les résidents du centre, des jeunes garçons environ âgés de 5 à 15 ans, ont accueilli la délégation avec des chants de bienvenue et après la visite des locaux, la délégation a entamé une discussion avec les membres de l’équipe. Le Samu Social a insisté sur les mauvais traitements infligés aux enfants Talibés par certains chefs des daraas et surtout sur le besoin d’assistance psychologique de ces enfants, pour la plupart, traumatisés et affectés par un phénomène de suradaptation paradoxale à l’environnement hostile de la rue. La directrice du Samu Social, Isabelle De Guillebon, a reconnu que les choses évoluaient au Sénégal depuis plusieurs années mais a également exprimé la nécessité d’une volonté politique plus forte et pérenne pour mettre fin au problème de la mendicité forcée et des enfants des rues.

La journée s’est clôturée par un discours de SE Mr Alexander de Croo lors de la réception à l’ambassade de Belgique à Dakar où Coumba Gawlo, ambassadrice de bonne volonté de l’ONUDC était également présente afin de partager sa récente expérience auprès des femmes victimes de traite et forcées de prostituer dans les sites miniers informels de Kedougou.

Au mois d’avril 2017, l’ONUDC a établi de nouveaux partenariats avec quatre organisations et structures de prise en charge pour l’identification et l’assistance aux victimes de traite. Il s’agit de l’organisation Univers’Elles, de l’Empire des Enfants, du CEGID et d’Action Enfance qui recevront entre 30 000 et 40 000 USD par organisation pour des projets d’une durée d’un an.

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