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La Vice-Secrétaire Générale de l’ONU participe à la conférence internationale de Dakar sur la dette

Placée sous le thème « Développement Durable et Dette Soutenable : Trouver le Juste Equilibre », la capitale sénégalaise à abrité ce lundi 02 décembre une conférence internationale organisée par le FMI, le Gouvernement du Sénégal et le Cercle des économistes, avec le soutien des Nations Unies. Pas moins de cinq chefs d’Etats africains ont participé à cette rencontre présidée par S.E le Président Macky Sall, qui a compté à ses côtés les présidents Alassane Dramane Ouattara, Faure Gnassingbé Eyadéma, Roch Marc Christian Kaboré, Mahamadou Issoufou, Patrice Talon, madame la Vice-Secrétaire Générale de l’ONU Amina Mohammed, Mme Kristalina Georgieva, Directrice Générale du FMI, et le premier ministre malien M. Boubou Cissé.

Revoir les règles de la dette : une nécessité

Dans son allocution, Mme Mohammed a rappelé que le continent Africain recèle de ressources abondantes, d’un énorme marché, ainsi que d’immenses opportunités et de potentiels, qui peuvent lui permettre d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. « Pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD), l’investissement dans les services sociaux, l’autonomisation des femmes et des jeunes et l’instauration d’un climat apaisé sont les défis clés. » a-t-elle souligné.

Elle a également rappelé que les financements, en particulier ceux attendus des pays développés et qui doivent permettre d’atteindre les ODD à l’horizon 2030, sont jusqu’ici insuffisants. Selon le FMI, les investissements dans la santé, l’éducation, les infrastructures, l’eau et l’assainissement et l’énergie, requièrent un investissement supplémentaire de 15% pour atteindre les objectifs en 2030. Rien que l’Afrique a besoin selon Mme Mohammed, de 616 milliards 638 millions de dollars pour atteindre ses objectifs de développement durable. Les conventions internationales ne prenant pas ces données en considération, la conséquence est que l’aide publique au développement est très faible, laissant les pays africains très vulnérables et n’ayant d’autre recours que l’endettement pour financer le développement. Or, ces pays sont laissés de côté quant il s’agit de définir les règles internationales qui régissent la dette. Cette situation mène à un engrenage marqué par l’accumulation de la dette.

Mme la Vice-Secrétaire Générale a rappelé que « le taux d’endettement en Afrique se situe entre 60% et 31% du PIB et les pays en développement dépensent 12% de leurs revenus annuels pour payer leurs dettes et ceci ne peut manquer d’influer négativement sur l’investissement qui doit être fait pour atteindre les ODD ». Selon elle, la communauté internationale doit s’engager pour faire évoluer les règles qui régissent la dette et tenir compte des chocs auxquels l’Afrique est confrontée.
D’ailleurs, les chefs d’Etat présents n’ont pas manqué d’interpeller Mme Kristalina Georgieva, sur les règles du FMI en matière de dette, qui ne prennent pas la pleine mesure de l’impact des chocs sécuritaire, climatique, environnemental…, qui ont des répercussions désastreuses dans l’économie africaine.

Investir dans la paix et tenir compte du contexte actuel sont une nécessité selon Mme Mohammed, qui a également appelé a plus de transparence dans les mécanismes internationaux régissant la dette, mais également dans la manière dont les pays gèrent cette dernière.

Plusieurs rencontres bilatérales au menu de la visite

En marge de la conférence, Mme Amina Mohammed a tout au long de la journée tenu plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec S.E le Président Macky Sall, avec le Premier Ministre de la république d’Indonésie, M. Retno Marsudi, avec S.E le président Muhammadu Buhari et avec Mme Kristalina Georgieva, Directrice Générale du FMI.

Le consensus de Dakar

Dans son allocution de fermeture, S.E le président Macky Sall a exprimé toute sa satisfaction et loué la qualité des débats, parfois ardus, mais francs. Il est ressorti de ces débats un consensus qui tourne autour de sept points :

• La nécessité de renforcer la mobilisation des ressources fiscales.

• L’impératif d’améliorer la gouvernance des finances publiques.

• La nécessité de prendre en compte les différents chocs, climatique, sécuritaire, qui impactent fortement dans l’économie africaine.

• L’urgence de trouver des solutions aux besoins d’investissement en Afrique pour relever la croissance et la nécessité que l’OCDE, le FMI et la Banque Mondiale tiennent compte des actifs dans l’analyse de la viabilité de la dette.

• La nécessité de mieux rémunérer les manières premières, de lutter contre l’évasion fiscale et d’accélérer l’industrialisation.

• La lutte contre les clichés autour de la dette et l’exagération des risques et une meilleure notation qui tiennent compte du contexte des pays africains, de la part de l’OCDE, de la Banque Mondiale et du FMI.

• Un renforcement et une diversification des collaborations avec les partenaires financiers bilatéraux et multilatéraux.

C’est sur ce consensus que S.E le Président Macky Sall a déclaré clos, la conférence internationale de Dakar sur la dette.

Par Papa Cheikh Saadbu Sakho Jimbira, RCO Sénegal

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