BIENVENUE À L'ONU | VOUS ÊTES CHEZ VOUS
| English | Français

Système
des Nations unies
au Sénégal

La FAO invite les vétérinaires et para-vétérinaires à une utilisation responsable des antimicrobiens

06 février 2018, Dakar – Les antimicrobiens jouent un rôle critique dans le traitement des maladies animales (aquatiques et terrestres). Leur utilisation est essentielle pour la sécurité sanitaire, alimentaire et pour le bien-être des hommes et des animaux. Toutefois, l’utilisation inappropriée de ces médicaments favorise l’apparition et la propagation de micro-organismes résistants aux antimicrobiens et constitue une grave menace pour la santé publique.

Selon une étude conduite en 2016 par la Commission O’Neill au Royaume Uni, chaque année, environ 700 000 décès sont liés à la Résistance aux Antimicrobiens (RAM). Cette étude projette même une mortalité annuelle de dix millions de personnes liées à la RAM en 2050, dont 4,1 millions en Afrique, si des mesures drastiques ne sont pas prises pour lutter contre cette évolution.

Au Sénégal, l’évaluation externe conjointe (EEC) du Règlement sanitaire international (RSI) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), conduite en 2016, a relevé deux insuffisances majeures dans le domaine technique de la RAM : l’insuffisance des données pour l’évaluation des risques et l’élaboration des politiques de lutte et l’utilisation irrationnelle des antimicrobiens notamment des antibiotiques.

C’est sur la base des résultats de cette évaluation que le projet « Soutien au Programme de sécurité sanitaire mondiale (GHSA) dans la lutte contre les zoonoses et le renforcement de la santé animale en Afrique » appuie le Sénégal, depuis octobre 2017, pour la mise en place d’un système de surveillance et de suivi intégrés et adaptés dans le domaine de l’utilisation d’agents antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens.

L’atelier de formation des vétérinaires praticiens et para-vétérinaires sur la résistance aux antimicrobiens (RAM), organisé les 5 et 6 février 2018, à Dakar, au Sénégal, pour sensibiliser les praticiens sur les bonnes pratiques d’utilisation des antibiotiques, s’inscrivait dans ce cadre.

« Au Sénégal, l’utilisation d’antibiotiques dans le secteur de l’Élevage est passée de 11 435 kilogrammes (kg) en 2015 à 14 547 kg en 2017, soit une hausse de 3092 kg », s’est préoccupé le Conseiller technique du Ministre de l’Élevage et des Productions animales, Khadim Guèye.

Pour gérer cette problématique de la RAM et venir à bout du fléau, il a estimé que « les stratégies d’intervention doivent être intégrées dans le cadre de l’approche « Une Seule Santé » en associant les décideurs, les prescripteurs, les utilisateurs et les bénéficiaires ».

Pour une approche multidimensionnelle dans la surveillance de la RAM

La trente-neuvième Conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), tenue en juin 2015, a invité les États Membres et l’Organisation à agir dans le cadre d’une approche multidimensionnelle visant à la fois à atténuer les effets de la RAM sur le secteur de l’alimentation et de l’agriculture et à réduire la contribution de ce secteur à la menace que représente la RAM.

La FAO veut ainsi aider les Gouvernements, les producteurs, les négociants et les autres parties prenantes à promouvoir une utilisation responsable des antimicrobiens.
Rappelant le rôle essentiel joué par « les vétérinaires dans la disponibilité et l’administration de médicaments antimicrobiens pour la santé, la production et la productivité des animaux », le Représentant par intérim de la FAO au Sénégal, Reda Lebtahi, a souligné que cette formation visait « à doter les participants des compétences nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre cette menace » que constitue la RAM.

La formation a été organisée en collaboration avec l’Ordre des Docteurs Vétérinaires du Sénégal (ODVS). Le Secrétaire général de l’Ordre, Abdoulaye Soumboundou, a insisté sur la nécessité d’un contrôle effectif de l’exercice privé de la médecine et de la pharmacie vétérinaires et a rappelé l’interdiction stricte de la vente des médicaments vétérinaires dans les foires, les marchés et les autres lieux publics. « La lutte contre les médicaments vétérinaires frauduleux est une mission régalienne qui nécessite une implication de tous les agents vétérinaires et para-vétérinaires du service public » pour lutter contre la RAM, a-t-il soutenu.

Facebook ONU

Chaîne video ONU
INSTAGRAM
FLICKR