BIENVENUE À L'ONU | VOUS ÊTES CHEZ VOUS
| English | Français

Système
des Nations unies
au Sénégal

L’accès à la Justice pour les femmes et filles sénégalaises

Au Sénégal, le ratio du nombre de juges et de magistrats par habitant dans la région de Dakar est de 400 pour 3millions et de100 pour 7millions dans les autres régions du Pays. Ces chiffres significatifs révèlent les défis auxquels le système judiciaire du Sénégal est confronté.

Les femmes et des filles de la société sénégalaises font parties des souches désavantagées de la société, par conséquent elles n’accèdent aux ressources judiciaires que de façon restreinte.
Le Sénégal s’est cependant engagé à respecter des conventions internationales pour la promotion de la justice et la mise en place d’appareils judiciaires effectifs pour tous. Par exemple, des mécanismes visant à assurer le respect des droits des détenu(e)s en milieu carcéral. Cependant, on observe que la question du genre et plus particulièrement que l’accès et le traitement dont bénéficient les hommes et les femmes vis à vis de la justice n’est pas le même.

Le respect des droits humains dont le système judiciaire est garant, est intrinsèque et indissociable des luttes contre les violences basées sur le genre, dès lors, les stratégies nationales de prise en compte de l’existence d’inégalités de traitements des hommes et des femmes dans la société sénégalaise trouve tout leurs sens.
La réforme pénale du 29 Janvier 1999 incorporant des prédispositions face aux violences basées sur le genre (VBG), et les lois 2000-38 et 2000-39 ont permis d’introduire des mesures alternatives à l’incarcération, mesure utiles dans le cas d’individus marginalisés, tels que les femmes. Aussi, la loi sur la parité du 28 Mai 2019 instaurant la parité absolue des femmes et des hommes dans toutes les institutions électives, ainsi que la Stratégie Nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre (SNEEG) contribuent à l’élaboration d’un cadre de référence pour lutter contre les inégalités de sexes au Sénégal. Enfin, l’acte 3 du Plan Sénégal Émergent (PSE) établissant des objectifs de développement économique met l’accent sur l’importance de la mise en oeuvre de stratégies pour l’égalité des hommes et des femmes et pour l’éradication des violences basées sur le genre.

Malgré toutes ces initiatives, il semblerait que les préjugés sexistes soient toujours ancrés dans les systèmes juridiques et judiciaires officiels. La prépondérance de ces préjugés sexistes rendent l’accès des femmes à la justice bien plus complexe. En effet, les expériences dont elles sont parfois victimes ont tendance à ne pas être considérées à leur juste gravité. Toutes ces conditions structurelles, telles que le sexisme, le manque d’informations et de ressources judiciaires mise à disposition ne permettent pas aux couches défavorisées de la société, incluant les femmes « pauvres » de bénéficier de services adéquats et performants. Elles finissent très souvent par garder le silence et par régler des questions extrêmement préoccupantes en vase clos sans l’assistance légale, voir même médicale, nécéssaire. Les conséquences de cette non assistance peuvent être très problématiques et engendrent dans une grande partie des cas des troubles physiques et psychologiques conséquents. L’assistance légale semble être un passage obligatoire pour augmenter la potentialité d’une guérison réussie.

ONU Femmes a eu le plaisir de s’entretenir avec Maître Ousmane Thiam, Avocat à la Cour et Président de l’Association des Jeunes Avocats du Sénégal (AJAS) l’un des dix avocats ayant contribué au Projet d’accès à la justice des femmes et filles victimes de violences basées sur le genre visant à la mise en place de consultations et conférences publiques sur les droits des femmes et des jeunes filles dans dans les régions de Dakar, Tambacounda, Ziguinchor et Kolda. Des séances de partage avec les autorités locales (police, tribunal, préfet etc.) ainsi que des séances de sensibilisation des autorités judiciaires et religieuses locales ont été organisées.

Source : Proposition de projet d’accès à la justice des femmes et des filles victimes de violences basées sur le genre dans les régions de Dakar, Tambacounda, Ziguinchor, Kolda Sedhiou. Barreau du Sénégal.

Facebook ONU

Chaîne video ONU
INSTAGRAM
FLICKR