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Système
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au Sénégal

Historique de la coopération entre le Sénégal et l’ONUDI à l’ occasion du 50ème anniversaire de l’ONUDI

Depuis que l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) a été créé il y a 50 ans, elle a accompagné l'Afrique et l’a soutenu dans sa lutte contre la pauvreté et son rêve de prospérité. L’ONUDI est devenue active au Sénégal peu après son indépendance, qui s’est déroulée en 1960. Pendant les 50 années d’opérations dans le pays, la nature des services délivrés tout au long de cette période a évolué au gré des inflexions dans les choix de politique industrielle opérés par les différents gouvernements.

Entre 1960 et 1970, première décennie après l’indépendance, les choix de politique industrielle, à l’instar de la plupart des pays africains, reposaient sur l’import-substitution, dont un des éléments centraux consistait à protéger les entreprises locales de la concurrence étrangère et développer les grandes entreprises. C’est ainsi que la coopération de l’ONUDI s’est portée sur l’assistance technique aux industries lourdes, notamment l’industrie de fusion d’aluminium.

La seconde décennie postindépendance a enregistré des inflexions à la politique industrielle, marquée par une volonté de l’Etat de développer les petites et moyennes entreprises. Cette volonté s’est manifestée par la mise en place d’instruments de politique industrielle incluant la création de la Société Nationale d’Etude et de promotion industrielle (SONEPI), des domaines industriels et de la zone franche industrielle (ZFI) de Dakar et la valorisation de certaines ressources locales avec un appui technique de l’ONUDI.

La politique d’import-substitution ayant démontré ses limites au début des années 1980, notamment par une forte contraction de la demande intérieure et la stagnation de la production industrielle, un changement de stratégie s’est avéré nécessaire vu le contexte de la politique générale d’ajustement structurelle. Une Nouvelle Politique Industrielle (NPI) a été adoptée en février 1986, et son Plan d’Actions en juillet de la même année. Vers la fin des années 1980, les services relatifs à la gestion de l’environnement font leur entrée au travers, notamment, de la préparation du plan d’assainissement et de gestion écologique du site de Mbeubeuss.

Il est largement relevé dans la littérature que la mise en œuvre tardive de mesures permettant au secteur industriel de disposer de capacités de réponse suffisantes face à ce brusque passage d’une politique de dé-protection généralisée, a participé à un effondrement du système industriel avec « la disparition d’un pan entier de l’industrie manufacturière, le recul de la production et de l’emploi et la perte de recettes fiscales ». Ainsi, avec l’avènement de la dévaluation du franc de la Communauté Financière Africaine (FCFA) en 1994 et compte tenu de l’échec partiel de la NPI, l’Etat du Sénégal a été amené à mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment dans le cadre du Programme d’Ajustement et de Compétitivité du Secteur Privé (PACSP).

La coopération technique de l’ONUDI, en matière notamment de promotion des investissements dans les secteurs, tels que la qualité, normalisation et métrologie ; le développement de l’entreprenariat féminin ; le renforcement de la mécanisation du traitement du riz ; l’emploi productif et création de revenus ; et la promotion de grappes industrielles, a contribué durant les années 1990 à améliorer l’environnement industriel des entreprises et à renforcer leurs capacités productives dans les chaines de valeur prioritaires. Les interventions ont également intégré la dimension gestion de l’environnement et production d’énergie renouvelable avec, entre autres, le démarrage des premières initiatives dans le cadre du Protocole de Montréal afin de soutenir les entreprises dans les industries de la réfrigération et des mousses. En 1999, le Sénégal fut choisi comme pays pilote pour l’expérimentation d’une nouvelle approche programmatique de l’ONUDI à travers le développement de « Programme intégré ». Celle-ci a promu une optimisation des synergies d’intervention pour un maximum d’impact des services de coopération.

Outre l’appui technique de l’ONUDI à la formulation des documents de stratégies nationaux et sectorielle – politique de redéploiement industriel, la coopération technique de l’ONUDI en vue de contribuer à une réponse aux priorités nationales est articulée autour des programmes intégrés I (2000-2004) et II (2005-2009) les plus importants d’Afrique Sub-Saharienne. C’est ainsi que cette coopération est renforcée particulièrement avec l’introduction de nouveaux services dans les domaines de la mise à niveau des entreprises et de structures d’appui technique pour l’amélioration de leur compétitivité, le développement de systèmes productifs locaux - clusters et mises en réseaux d’entreprises en zones rural et urbaine, le développement de l’entreprenariat avec intégration de la dimension genre et le renforcement de l’employabilité des jeunes sortant des centres de formation professionnelle et technique. Les initiatives entamées dans la précédente décennie prennent une dimension nouvelle dans le cadre des programmes intégrés successifs pour la densification du tissu productif dans un cadre respectueux de l’environnement. Une attention particulière est accordée au secteur de l’industrie textile pour le renforcement de sa compétitivité dans un effort de préservation de l’un des fleurons de l’industrie sénégalaise.

Dans la première moitié des années 2010, le Sénégal change de stratégie en introduisant une nouvelle trajectoire de développement, à la faveur d’un changement de régime suivi d’une profonde rétrospective socio-économique. Un nouveau plan de développement économique et social - Plan Sénégal Emergent (PSE) – sur une période de vingt ans a été adopté en 2014. Le PSE accorde un accent particulier à la dimension de transformation structurelle et croissance durable pour tous afin de rompre avec les cycles précédents de croissance faible. La forte volonté des autorités nationales de relancer la dynamique de production industrielle a participé à la sélection du Sénégal comme pays pilote pour l’opérationnalisation de la nouvelle approche de l’ONUDI tournée vers un développement industriel inclusif et durable (ISID selon l’acronyme Anglais), à travers des Programmes de Partenariat Pays (PCP). Consacrée dans la déclaration de Lima en Décembre 2013, l’approche ISID est reconnue et intégrée dans l’Agenda 2030 de développement durable, et plus particulièrement dans l’Objectif de développement durable N°9 qui vise à « bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir un développement industriel durable qui profite à tous, et favoriser l’innovation ».

L’engagement des autorités sénégalaises dans la mise en œuvre du Programme de Partenariat Pays (PCP) pour le Sénégal traduit le fort espoir qu’ils fondent dans la démarche ISID et son potentiel à insuffler une dynamique de relance et d’accélération de l’industrialisation du Sénégal. La reconsidération de l’industrialisation inclusive et durable au cœur du processus de planification et de budgétisation de l’Etat, traduit une ferme volonté de se départir des modes d’interventions traditionnels éparses vers une démarche plus holistique visant la mise en place d’écosystèmes plus complets avec des objectifs de développement industriel plus ambitieux à même de dynamiser les activités manufacturières.

Auteur : Mr. LI Yong, Directeur Général de l’ONUDI

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