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Célébration - Journée mondiale de la population : Les adolescentes en ligne de mire

Près de 22% de la population sénégalaise ont un âge compris entre 10 et 19 ans. La moitié sont des filles. Une frange vulnérable et exposée que le Sénégal s’est engagé à prendre en charge. Une façon d’assurer la réussite du processus de captation du dividende démographique.

Au Sénégal, l’effectif des 10-19 ans s’élève à 2 990 849 personnes, soit 22,1% de la population. Dans cette tranche, plus de la moitié, 50,2%, sont des filles. Cette année, le thème de la Journée internationale de la population est dédié à cette frange de la population. « Le choix de ce thème vise principalement à informer, sensibiliser et mener un plaidoyer fort pour des investissements cruciaux en faveur des adolescentes qui sont l’avenir de nos pays », expli¬que M. Boureima Diadié, représentant adjoint du Fonds des nations unies pour la population (Fnuap).
Pour faire de ce groupe non pas un fardeau mais une force économique, il est nécessaire de faire des investissements conséquents pour protéger leur santé et leur permettre de recevoir une éducation de qualité et d’accroître leurs possi¬bilités économiques. Selon M. Diadie, quand on regarde les statistiques, on se rend compte qu’avec 629 décès pour 100 000 naissances vivantes, les décès maternels chez les adolescentes sont presque le double de la moyenne du pays, qui est de 315 morts pour 100 000 naissances vivantes. Les explications sont simples dans la mesure où les adolescentes sont souvent victimes de grossesses précoces alors que leurs corps ne sont pas encore préparés à donner la vie.
Selon le Fnuap, 19% des jeunes filles de 15 à 19 ans ont déjà commencé leur vie féconde au Sénégal et elles contribuent à hauteur de 9% dans la fécondité globale. « Marier une fille trop tôt peut conduire à des complications de la grossesse et de l’accouchement, principales causes de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans dans les pays en développement », indique M. Diadié, qui révèle que les filles qui donnent naissance avant 15 ans courent 5 fois plus de risques de mourir lors de l’accouchement que les femmes de 20 ans et plus.
De plus, l’étude Eds 2014 note qu’une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans tandis que 17% des filles de 10 à 14 ans et 21,1% des filles de 15 à 19 ans sont excisées. « Quand une adolescente a le pouvoir, les moyens et les informations pour prendre ses propres décisions dans la vie, elle est plus susceptible de surmonter les obstacles qui se dressent devant elle et devenir un agent de transformation sociale », indique M. Diadié.

1 fille sur 3, mariée avant 18 ans

Cette année, la Journée mondiale de la population est célébrée sous forme d’une rencontre d’échanges autour de la prise en charge de cette frange de la population. Pour le ministre du Budget, Birima Mangara, « les adolescentes portent en elles-mêmes les germes et les potentialités pour le développement du Sénégal ». Cependant constate le ministre, des millions de jeunes filles dans le monde sont confrontées à de sérieuses discriminations et exclusions qui les empêchent de revendiquer leurs droits et d’accomplir leur véritable potentiel. Elles sont victimes d’analphabétisme et d’abondons, vulnérables à la violence sexuelle et soumises à des pratiques nuisibles, insiste M. Mangara.

Grossesses en milieu scolaire : « C’est entre élèves que ça se passe »

Contrairement à ce que les gens pensent, ce ne sont pas les enseignants qui sont les principaux responsables des grossesses en milieu scolaire. Selon le représentant adjoint du Fnuap à Dakar, M. Boureima Dadié, « c’est entre élèves que ça se passe ». Entre 2011 et 2013, 1971 cas de grossesses en milieu scolaire ont été répertoriés par le Fnuap. Une situation dangereuse, selon l’expert, qui s’exprimait en marge de la cérémonie d’ouverture de la Journée internationale de la population dont le thème est : « Investir dans les adolescentes ».

Il informe ainsi que généralement, les filles en grossesse ne dépassent pas la classe de troisième. Ce qui obscurcit considérablement leur avenir. Et c’est pour mettre un frein à cette hémorragie que l’organisation va lancer bientôt un numéro gratuit pour permettre aux jeunes de recueillir en toute intimité les informations dont ils ont besoin.

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