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Avec la fin de la crise politique en Gambie, les Gambiens réfugiés au Sénégal rentrent chez eux

Plusieurs milliers de personnes sont rentrées en Gambie depuis que le Président sortant, Yahya Jammeh a quitté le pouvoir

ZIGUINCHOR, Sénégal – Au poste-frontière sénégalais de Séléty, John* ne pouvait dissimuler son soulagement pendant qu’il attendait avec sa famille le bus qui les ramènerait vers leur maison en Gambie, après deux semaines d’insupportable incertitude.
« C’est fini, on rentre chez nous », déclare en souriant cet homme qui, comme environ 8000 autres personnes, choisit de retourner dans sa Gambie natale maintenant que la crise politique a pris fin. Yahya Jammeh, le Président sortant, a accepté de quitter le pouvoir et de s’exiler le lendemain.
Quinze jours auparavant, John avait décidé de quitter sa maison, dans la ville de Kunkujang-Mariam, quand Yahya Jammeh est revenu sur son engagement d’accepter sa défaite aux élections présidentielles du 1er décembre remportées par Adama Barrow, le chef de l’opposition. Sa rétractation a déclenché une crise régionale qui a poussé plus de 76 000 personnes à aller se réfugier au Sénégal, selon les autorités sénégalaises.
« On n’avait aucune idée de la manière dont les choses tourneraient. Dieu merci, on a évité un bain de sang, » dit John, 42 ans, se faisant ainsi l’écho de tous ceux qui avaient craint que la Gambie ne sombre dans le chaos. Comme beaucoup d’autres dans sa situation, il ne tarit pas d’éloges sur les familles sénégalaises qui les ont chaleureusement accueillis.

« Les gens nous ont ouvert les portes de chez eux, nous avons été hébergés par une famille que nous ne connaissions même pas. Ils ont été très, très gentils. »
Les autorités gambiennes ont prévu plusieurs autobus pour ramener les déplacés chez eux, et John, sa femme et ses enfants espèrent en trouver un pour les conduire jusqu’au Carrefour de Westfield, dans la région de Serrekunda, d’où ils pourront prendre un taxi.
Samedi, 530 personnes ont traversé le point de passage frontière de Selety, dans la région de Ziguinchor, au Sénégal. Dimanche, le nombre est passé à plus de 3 700, et autant lundi. Certains rentrent chez eux dans des voitures privées, à moto ou en bus. D’autres se sont rendus en Gambie via des passages informels aux frontières nord et sud.

Certains sont rentrés en bateau à Banjul, la capitale de la Gambie. Ils arrivent par des bacs bondés, vieillissants et dangereux. Pendant la crise, les gens fuyaient ou se cachaient dans leurs maisons, transformant Banjul en une ville fantôme. Selon une équipe du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, à Banjul, on note un certain retour à la normale, à mesure que des écoles et magasins reprennent leurs activités.
Pendant les semaines de crise, des milliers de Gambiens déplacés ont été logés dans des familles d’accueil au Sénégal. Nombre de ces familles, comme celle de Mariama* qui a hébergé chez elle plus de 15 personnes, dont une cousine et son bébé, ont eu bien du mal à joindre les deux bouts.

« Avant, je faisais cuire un kilo de riz par jour pour ma famille, » dit Mariama. « Maintenant, avec tous les nouveaux venus que je loge sous mon toit, je fais entre trois et quatre kilos de riz par jour. Il a fallu que je puise dans nos réserves pour pouvoir nourrir tout le monde. Ce n’est pas un problème, il faut les aider, mais aujourd’hui pour réunir assez d’argent pour acheter du riz, je suis obligée de préparer et de vendre des petits déjeuners aux gens du voisinage. »
Le Gouvernement sénégalais n’a pas traîné pour répondre aux besoins des Gambiens déplacés et de leurs hôtes. Les autorités ont récemment distribué plusieurs tonnes de vivres ainsi que des matelas, des nattes, des draps, des couvertures et du savon aux personnes dans le besoin.
Le HCR et les autres ONG et organisations humanitaires restent prêtes à venir en aide aux autorités sénégalaises pour porter assistance aux déplacés en fonction des besoins. Les équipes des Nations Unies continuent de surveiller la situation aux frontières.
Selon les estimations, 3500 Gambiens ont également fui vers la Guinée-Bissau durant les 10 derniers jours. L’ambassade de Gambie dans ce pays a demandé l’aide du HCR pour faciliter leur rapatriement.

* Noms fictifs pour des raisons de protection.

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