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Autonomiser les jeunes femmes entrepreneures en Afrique grâce aux TIC : l’UNESCO et le Sénégal présentent leur partenariat pour promouvoir les femmes dans les TIC à la Commission de la condition de la femme

Le 13 mars 2017, journée inaugurale de la Commission de la condition de la femme au siège de l'ONU à New York, l'UNESCO a organisé, en partenariat avec le gouvernement du Sénégal, un événement parallèle mettant en évidence les meilleures pratiques de l'initiative YouthMobile de l’UNESCO qui prépare les jeunes femmes africaines à un monde du travail en pleine mutation.

L’initiative YouthMobile de l’UNESCO vise à faire participer les jeunes, et en particulier les jeunes filles dans les pays en développement, à la révolution numérique. En offrant à ces jeunes filles les compétences techniques de base et la confiance nécessaire pour développer, promouvoir et vendre des applications mobiles pertinentes à l’échelle locale, l’initiative vise à créer des opportunités d’emploi tout en proposant des solutions dans différents domaines comme l’agriculture, la santé et l’éducation. Ces projets innovants qui viennent des jeunes peuvent contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD). Le panel auquel ont participé le ministère des Postes et Télécommunications du Sénégal, la Sonatel, IAMTHECODE, KANO, DEVSCHOOL Kenya et les PDG des applications et plateformes mobiles sénégalaises Yaay.SN, Sigestes et Sama Carnet, a réuni des partenaires clés afin discuter de l’importance des partenariats public-privé multipartites pour l’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en mutation.

« Dans le monde d’aujourd’hui, il est impossible d’imaginer le développement durable en Afrique, et ailleurs dans le monde, sans le pouvoir transformateur de la technologie, sans la pleine contribution des femmes et sans les partenariats qui préparent les jeunes au monde du travail en mutation » a souligné la représentante de l’UNESCO auprès des Nations Unies, Marie Paule Roudil, lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement parallèle.

L’Ambassadeur Fodé Seck, Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies, a également souligné la promotion active de l’égalité des genres par le gouvernement sénégalais, tant au niveau national qu’au niveau de l’Union africaine, pour veiller à ce que les femmes soient en mesure de participer pleinement aux affaires sociales, politiques et économiques du continent.

Evoquant le lien entre l’entrepreneuriat numérique, l’autonomisation des femmes et le développement durable, Bitilokho Ndiaye, Conseillère technique sur le genre au ministère des Postes et Télécommunications du Sénégal, a souligné que les TIC jouent un rôle de catalyseur pour accélérer l’autonomisation des femmes, à la fois en créant des emplois pour elles et en s’assurant que les solutions apportées aux défis du développement local qui les affectent soient élaborées au moyen de la technologie. Soulignant le travail du gouvernement sénégalais en faveur de l’égalité des genres dans le secteur des TIC, reflété dans l’étude de Deloitte en 2016 qui a révélé que 31% des femmes qui ont répondu à leur enquête travaillaient dans le secteur des TIC au Sénégal, contre 25% dans les pays développés, le ministère a réaffirmé son engagement continu à promouvoir les femmes dans le secteur des TIC grâce à un fonds destiné à soutenir l’égalité des genres dans ce domaine. Entre 2010 et 2015, on a pu noter une augmentation de 9% des femmes qui étudiaient l’informatique et de 2% des femmes qui étudiaient les télécommunications dans le pays, corollaire direct de l’environnement politique favorable du ministère, et de son unité de genre, et de leur plaidoyer continu dans la promotion de l’entreprenariat numérique des femmes dans le pays.

Rokhaya Solange Ndir, du département des communications institutionnelles et des relations extérieures de la Sonatel Orange, a également souligné que la Sonatel, plus grande entreprise du Sénégal et contribuant à 10% du PIB du pays, a placé l’égalité entre les genres au cœur de la croissance de son entreprise. Au-delà du soutien à des initiatives telles que Orange Woman et Super Coders qui font la promotion de l’entreprenariat féminin au Sénégal, la société compte actuellement 35% de femmes et le Directeur général a signé la campagne HeForShe et s’est engagé à assurer la parité à tous les niveaux de l’entreprise d’ici 2020. Rokhaya Solange Ndir a aussi souligné l’engagement de la Sonatel, partenaire de YouthMobile, à veiller à ce que les solutions d’applications mobiles développées par les femmes sénégalaises soient incubées par le secteur privé et que les compétences entrepreneuriales nécessaires pour garantir la durabilité et la commercialisation des solutions technologiques créées par les femmes soient développées.

Joanna Bersin, directrice de l’éducation pour Kano et membre du conseil d’administration d’IAMTHECODE, fondée par l’entrepreneure sénégalaise Marieme Jamme, a évoqué la nécessité de développer les hackathons pour les femmes afin de développer des solutions TIC qui répondent aux défis du développement durable en Afrique, et que combler le fossé numérique qui affecte les femmes au niveau mondial se fera par une approche holistique qui garantit que le matériel, les logiciels et la pédagogie sont disponibles et adaptés au niveau local pour répondre aux besoins de la communauté. La formation de mentors et de pédagogues locaux est nécesssaire pour s’assurer à la fois de la viabilité et de la transposition à une plus grande échelle des formations en alphabétisation numérique, a-t-elle encore souligné.

Martha Chumo, fondatrice de la première école de codage au Kenya, la DevSchool, et source d’inspiration de l’initiative de YouthMobile Searching for Martha, axée spécifiquement sur la formation des jeunes femmes dans le codage, a partagé son parcours professionnel en tant qu’entrepreneure dans le but d’inspirer d’autres jeunes femmes. Ayant initialement l’intention de suivre une formation en médecine, mais dissuadée par le taux de 48% de chômage au Kenya, Martha a poursuivi sa carrière en tant qu’entrepreneure, développeuse open source et formatrice pour inciter plus de femmes à poursuivre des carrières dans le secteur des TIC. Elle a partagé son expérience de formatrice pour l’Initiative YouthMobile au Rwanda, au Kenya et au Sud-Soudan, en partenariat avec l’UNESCO, et a souligné la nécessité de s’assurer que les jeunes femmes soient équipées des compétences techniques et commerciales nécessaires pour assurer la viabilité de leurs solutions technologiques.

Seynabou Thiam, lauréate du Prix d’entrepreneuriat numérique féminin de la Sonatel et fondatrice de l’application mobile Yaay.sn, plate-forme d’échange d’informations entre les femmes enceintes et les jeunes mères, a souligné que les TIC fournissent des solutions importantes pour s’assurer que les femmes disposent d’outils décisionnels liés à la santé, à l’éducation et à l’emploi et que, lorsque les femmes sont bien informées, elles ont un impact sur l’ensemble de la communauté. Evoquant le fait que le marché des applications mobiles en Afrique est en pleine croissance, et que les femmes ont une contribution importante à apporter au développement du secteur, elle a souligné qu’en plus de garantir le financement et l’incubation des solutions d’applications mobiles créées par les femmes, le mentorat entre les femmes entrepreneures était essentiel.

Aida Mansour LO, PDG de l’application mobile SIGESTES, solution technologique dédiée à la gestion des terres au Sénégal et Ndeye Aida Gueye, PDG de l’application mobile Sama Carnet, destinée à faciliter le suivi médical des femmes enceintes et de leurs nourrissons, se sont penchées sur leurs trajectoires respectives en tant qu’entrepreneures. Aida Mansour Lo, qui a une formation dans le domaine de la mode, a décrit comment la créativité et l’innovation qu’elle a trouvées au cœur du design, se retrouvent aussi dans le développement d’applications mobiles, et que le codage est un langage que l’on peut utiliser pour s’exprimer et donner aux autres le pouvoir d’agir. Ndeye Aida Gueye, qui a étudié l’informatique et l’ingénierie, a souligné qu’avec ce parcours, les TIC et l’entrepreneuriat lui avaient permis de découvrir d’autres secteurs, y compris ceux de la santé et de l’éducation.

Pour terminer, en réfléchissant à un conseil à donner aux femmes qui envisagent de poursuivre des carrières dans l’entrepreneuriat et le secteur des TIC, Seynabou Thiam a cité l’actrice afro-américaine Viola Davis : « La seule chose qui différencie les femmes de couleur de n’importe qui d’autre ce sont les opportunités ». Soulignant que les TIC offrent un monde d’opportunités, d’autonomie et de responsabilisation économique pour les femmes, Bitilokho Ndiaye a fait remarquer qu’au cours des dix prochaines années, des millions d’emplois dans le secteur des TIC seront créés et que les jeunes femmes africaines doivent saisir ces opportunités. Rokhaya Ndir a également reprécisé la position du ministère des Postes et Télécommunications à ce propos, encourageant les jeunes femmes à être audacieuses et à avoir confiance en elles-mêmes pour oser développer leurs idées et activités.

En conclusion l’ambassadeur Fodé Seck a déclaré avec enthousiasme, après avoir écouté ces jeunes entrepreneures numériques, sources d’inspiration, du Sénégal et du Kenya, “Yes We Can,” et a réaffirmé l’engagement continu du gouvernement sénégalais à renforcer son partenariat avec l’UNESCO dans le cadre de l’initiative YouthMobile afin de développer les meilleures pratiques, politiques et initiatives qui donnent aux femmes les moyens d’agir à travers des solutions technologiques et de servir de modèle pour le continent.

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