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Afrique de l’Ouest : nouvelle initiative de la Banque mondiale dans la lutte contre la pauvreté

L’amélioration de la collecte des données permettra de mieux appréhender les conditions de vie de la population de huit pays

WASHINGTON, 6 avril 2016 — Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un don de l’Association internationale de développement (IDA)* d’un montant de 40,5 millions de dollars pour le Programme régional d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les conditions de vie. Cette décision marque le début d’une ère nouvelle pour l’étude des conditions de vie en Afrique de l’Ouest. Des données de haute qualité, comparables et accessibles au public pourront ainsi être collectées fréquemment pour améliorer la planification, le suivi et l’évaluation des politiques et programmes publics.

La Banque mondiale travaillera en partenariat avec la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à la réalisation d’enquêtes comparables sur les conditions de vie dans huit pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Le premier cycle de collecte des données doit s’achever en 2017, un second étant prévu en 2020.

« Pour lutter contre la pauvreté, il faut d’abord savoir ce qui se passe effectivement sur le terrain », explique Rachid Benmessaoud, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Nigéria et directeur de la coordination du Programme d’intégration régionale de l’Afrique de l’Ouest. « Les efforts engagés pour lutter contre la pauvreté ont longtemps été freinés par les carences statistiques. Quand on ne sait pas précisément combien de personnes sont dans le besoin, ni où elles se trouvent et quels sont leurs moyens de subsistance, il est difficile de concevoir des politiques et d’apporter les ressources nécessaires à l’amélioration de leur bien-être. »

Ce nouveau projet répond à une demande de la Commission de l’UEMOA visant à aider les bureaux de statistique de ses huit membres à améliorer la collecte d’informations sur les conditions de vie des ménages. Cette activité consiste plus précisément à recueillir des renseignements sur ce que les individus gagnent, achètent et possèdent, leur lieu et leurs conditions de travail, leurs investissements dans la production agricole, leur niveau d’instruction et leur état de santé, les paramètres démographiques, les infrastructures d’assainissement et d’alimentation en eau, etc.

Dans cette optique, l’objectif du projet est d’harmoniser les outils d’enquête, d’accroître l’efficacité du recueil des données, d’améliorer la qualité et la comparabilité des statistiques dans le temps et entre les pays, d’accroître la régularité de la collecte et d’améliorer l’accès aux données en les mettant toutes à la disposition du public dans un délai de six à douze mois après l’achèvement du travail de terrain. Le partenariat entre la Banque mondiale et l’UEMOA fera appel aux nouvelles technologies (tablettes, par exemple) pour le recueil des données et comprend un important volet de renforcement des capacités fondé sur l’apprentissage entre pairs et l’apprentissage par l’action. Le projet, qui prévoit aussi une assistance technique pour les bureaux statistiques nationaux, s’appuiera sur l’examen par les pairs pour le contrôle de la qualité des données.

« Nous allons améliorer la qualité des données ainsi que la rapidité et l’efficacité de leur collecte en lançant des enquêtes multimodulaires et en recourant à des méthodes modernes telles que l’utilisation de tablettes par les enquêteurs », précise Johannes Hoogeveen, économiste principal à la Banque mondiale, qui est aussi l’un des trois chefs d’équipe du projet.

Les informations recueillies dans le cadre des enquêtes sur les conditions de vie servent de base à des politiques et programmes très divers. Leur précision, qui dépend de la bonne conception des enquêtes, est essentielle pour planifier les politiques macroéconomiques, suivre l’évolution de l’inflation, produire des statistiques, mobiliser des investissements et améliorer les services fournis à ceux qui en ont le plus besoin.

Cette opération, qui est en phase avec le Programme statistique régional de l’UEMOA pour 2015-2020, correspond également à l’engagement de la Banque mondiale d’œuvrer avec les pays partenaires à l’amélioration du recueil des données des enquêtes auprès des ménages. Le projet permettra en outre de générer des données essentielles à l’évaluation de la réalisation de certains Objectifs de développement durable, portant notamment sur la pauvreté et les inégalités, et au suivi du double objectif de la Banque mondiale : mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée dans le monde.

* Fondée en 1960, l’Association internationale de développement (IDA) est l’institution du Groupe de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète en leur accordant des dons et des crédits sans intérêts destinés à financer des projets et programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations démunies. L’IDA figure parmi les principaux bailleurs de fonds des 77 pays les plus pauvres du monde, dont 39 se trouvent en Afrique. Ses ressources ont permis l’amélioration des conditions de vie de 1,3 milliard d’habitants de pays IDA. Depuis sa création, l’IDA a financé des activités de développement dans 112 pays. Le volume annuel de ses engagements s’est élevé en moyenne à quelque 19 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 50 % environ de ce montant étant destinés à l’Afrique.

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